Catégories
3615 Malife

Les états d’âme du petit développeur qui ne buvait ni bière, ni café

J’ai écrit cet article en 2016 et je n’ai jamais eu la force de l’assumer et de le publier il parle beaucoup de moi et de mes ressentis et je ne suis pas forcément à l’aise avec ça, mais aujourd’hui c’est décidé, je le publie tel qu’il était dans mon brouillon. Aujourd’hui certaines tournures me semblent ridicules, le cheminement de l’article lui même ne me plaît pas il n’a ni queue ni tête mais j’ai souhaité le laisser tel quel et je publierais rapidement une sorte de suite/réponse à cet article sur ce qui c’est passé dans ma tête depuis ces trois années. Spoiler: Vous trouverez certainement beaucoup de fautes de grammaire, conjugaison, orthographe dans cet article en effet je ne suis pas ami avec le Bescherelle, j’aime a dire que l’essentiel c’est de se comprendre. Bonne lecture.

Voilà plusieurs mois que je me demande par quel article je pourrais débuter mon blog, j’aurais voulu un article technique mais mon manque de confiance me freine à chaque fois qu’une idée fuse, je vais donc commencer par vous raconter mon histoire et mes états d’âme en toute sincérité. Ce billet est une sorte de lettre à moi-même et une introduction à mon blog, j’espère que j’en sortirai grandi et qui sait, peut-être vous aussi. C’est partit !

Il est têtard

Mon rapport à l’informatique est très particulier, j’ai depuis toujours eu la tête dans les ordinateurs et une logique assez développée mais je n’ai découvert la pratique du code qu’à l’âge de 18-19 ans, lors de ma première année de BTS. Enfin ! Pour la première fois de ma vie scolaire, je trouvais un vrai plaisir dans l’apprentissage, une sorte de révélation. Si je ne me suis pas lancé plus tôt dans le développement ce n’est pas que ça ne m’intéressait pas, mais on m’a toujours dit qu’il fallait être bon en Mathématiques. Ce n’est pas que je n’aimais pas les Maths, mais, pour moi le principe de faire des calculs sans aucun but immédiat, effectif et réel, n’avaient pas d’intérêt. Qu’on se le dise, on peut associer le développement aux mathématiques: c’est la discipline connue de tous dont la méthode d’apprentissage et les qualités requises se rapprochent le plus de l’informatique entre autres la rigueur, la logique et l’analyse. Mais ce n’est pas parce que vous ne comprenez pas comment fonctionne les courbes de Béziers ou les logarithmes népériens que vous serez un mauvais développeur.

Ne désespérez jamais, que vous soyez bon ou mauvais élève, selon moi un développeur a besoin de quatre qualités qui ne sont pas apprissent à l’école : la passion, la curiosité, l’analyse et la persévérance.

La première fois

Une fois mon BTS en poche, je me lance dans la vie active, ma première expérience en entreprise était une petite société Grenobloise en grande difficulté, mais je ne le savais pas encore. Ici, point de pair programming, de pull request ou d’initiation aux bonnes pratiques. Je suis entré direct dans le bain, on m’a un peu expliqué quelques bases pendant une semaine, et hop « mets-toi au travail, si tu as besoin de notre aide n’hésites pas », des plugins Prestashop, des applications Android et même du C# pour des applications IOS. Je faisais mon job entouré de deux ingénieurs,  et un docteur, même si en cas de grande difficulté je pouvais leur demander de l’aide, je ne voulais pas les déranger, je me retrouvais livré à moi-même, en difficulté, je répondais aux besoins des clients mais je n’étais clairement pas satisfait de mes « bricolages ». Mon BTS c’est IRIS (informatique et réseaux dans l’industrie et les services) , tu me parles de modèle MVC,  de framework, de chrome dev tools, alors que moi 8H par semaine je faisais de l’assembleur 68000 ou de l’interfaçage avec des cartes à puce. Pour moi, la transition a été brutale, je passais d’élève plutôt bon (enfin plus ou moins…la légende n’en dit pas plus) en cours d’informatique (où j’avais l’impression de tout connaitre) à la réalité, celle où je me rends compte que finalement je n’avais qu’une infime connaissance du sujet colossal qu’est le développement.

La veille

“La veille” c’est bien, mangez-en (mais pas trop), c’est nécessaire et ça permet de s’ouvrir à beaucoup de technologies, mais ce qui est difficile, c’est de faire la part des choses, de réussir sa veille. Tous les jours le web vomit des centaines d’articles sur les langages, les framework, les nouvelles technologies hypes, les astuces, les performances… quand on est intéressé comme moi, on en vient à lire des dizaines d’articles par jour par peur de manquer LE sujet intéressant, mais ne jamais pratiquer, hors dans notre métier la pratique est indispensable surtout quand on a une mémoire de poisson rouge (comme moi)  et qu’on nage dans un océan d’articles. Demandez-moi ce que j’ai lu la semaine dernière ? Aucune idée, ça n’a donc pas/peu d’intérêt. A force de la pratiquer, on ne voit plus la veille comme un train, mais comme un mur de plus en plus infranchissable. J’ai fais l’erreur de m’attarder sur des articles expliquant des solutions à un problème auquel je n’avais encore même pas été confronté…

Ne tombez pas dans la spirale de la veille, elle est réellement importante, mais comme toutes les bonnes choses il faut la consommer avec modération et ne pas partir dans tous les sens

L’imposteur

Nous somme dans un domaine en perpétuelle croissance où tout va très vite. Hier vous étiez sur backbone, aujourd’hui sur angular et demain sur react. Pour être dans le coup il faut être devops, blogueur, conférencier, participer à des projets sur github, avoir des projets personnels, participer à des événements, s’intéresser à nodeJS, Ruby, R, Go, Docker, Angular, Laravel, la méthode Agile, le material design, la programmation fonctionnelle, le SEO, la sécurité. Avec tout ça j’ai souvent l’impression de me sentir inférieur, nul, de ne pas me sentir à ma place. Le syndrome de l’imposteur… j’ai l’impression de ne rien avoir à vous apprendre, je me dis que quelqu’un le fera sûrement mieux que moi sur un autre blog, qui serais-je pour vous guider ou vous conseiller ?  Ce syndrome est bien connu dans notre milieu est il est parfaitement expliqué par Aurélie Vache sur duchess-france.org.

De ma propres expérience, le développeur a souvent confiance en lui, c’était extrêmement déstabilisant pour moi, quand vous êtes un « petit » BTS face à tous ces ingénieurs et qu’en plus vous manquez de confiance en vous, la seule solution pour se démarquer est d’affirmer son envie d’apprendre et de progresser chaque jour. Ma phrase fétiche est : “Non je ne sais pas faire, mais je vais apprendre! “

L’artisan Codeur

C’est moi ! J’aime ce nom mais d’un coté je le trouve un peu prétentieux, je ne suis pas l’Artisan codeur mais un artisan codeur. Pour moi un artisan est une personne qui aime son métier, qui le fait avec passion et l’amour du travail bien fait. Je travaille beaucoup sur WordPress, j’aime la communauté qui gravite autour et j’aime sa simplicité, il fait la majorité de mes missions en tant que freelance, mais pour moi il ne correspond pas vraiment à ma vision “d’artisanat” j’aimerais à l’avenir travailler sur des sites qui nécessitent l’établissement de structures, d’architecture, afin de mettre en oeuvre mes connaissances, je ne veux plus construire une maison, je veux construire une ville. Je ne suis pas le meilleur développeur, je ne débite pas mille lignes de code à la minute, je ne participe pas à des milliers de projets opensource, mais j’essaye de faire de mon mieux dans ce monde de développeurs où l’excellence est tellement mise en avant qu’être un développeur ‘standard’ peut créer des complexes. L’essentiel est de savoir pourquoi on se lève le matin, d’aimer son métier et, que l’on soit bon ou médiocre, l’important c’est d’être heureux, non ?

J’espère qu’avec cet article  je ne vous ai pas fait peur et que je ne vous ai pas ennuyé, l’objectif de cet article est de dire aux développeurs dans le même cas que moi  » vous n’êtes pas seuls !  » et s’il n’en existe pas, cet article m’auras au moins permis de prendre du recul sur moi-même, de formaliser mes problèmes, et dans un futur proche, je l’espère, les corriger.